Résumé Conférence Débat Du 16.09 à Francfort sur le main

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La diaspora africaine en Allemagne qui s’est constitué essentiellement vers la fin des années 1980 a depuis lors grandi, muri et a engendré une génération hybride confrontée à l’exigence d’équilibre identitaire et d’intégration: un défi réel pour les parents aujourd’hui. Le thème de ce jour „les enfants au cœur de notre préoccupation“ est de ce fait hautement d’actualité et d’une pertinence inéluctable.
Pour pouvoir entretenir et édifier les participants autour du sujet inscrit à l’ordre du jour de cette conférence, les panélistes suivants ont été convoqués:
• Ekanga Ekanga: Politologue résidant à Francfort, panafricaniste et consultant auprès de la chaine de télévision panafricaine Afrique Media
• Dzumefo Wafo: un jeune camerounais, Passionné, curieux des savoirs, il sensibilise la Jeunesse sur les Enjeux liés aux Traditions Africaines, leur conservation, et l’impact qu’elles ont dans notre Uhèm Mesut (le réveil africain)
• Chantale Wagne: Juriste de formation, conseillère en politique managériale aux RH au sein du constructeur automobile Daimler après plusieurs stations entre autres aux contentieux et finances. Elle est mère de 2 jumeaux étudiants.
La conférence s’est ouverte sur des interventions préliminaires des panélistes après quoi le débat a été ouvert aux questions et remarques venant de l’auditoire.
En s’appuyant sur les notions de droit positif et droit naturel ainsi que celles d’origine et de nation,

  1. Ekanga Ekanga affirme d’entrée que les enfants nés en Europe de parents africains sont Africains de manière inaliénable bien qu’ayant adopté la nationalité du pays dans lequel ils résident. Il continue son propos en déclinant le racisme institutionnalisé auquel ces enfants sont confrontés qui concourt à embrigader ces enfants dans des complexes d’infériorité et bride leur épanouissement dans un contexte de mondialisation exacerbé. L’enjeu dans le cadre de leur éducation consiste ainsi à les amener à accepter leur identité africaine tout en la valorisant, leur inculquer l’amour pour leur pays d’origine pour leur conférer l’équilibre identitaire qui leur permettra de s’épanouir et de réaliser leur potentiel. Pour ce faire, les parents doivent eux-mêmes être imprégnés de leur culture et jouer le rôle de modèle authentique.
  2. Dzumefo Wafo quant à lui a édifié l’assistance sur les valeurs de nos sociétés africaines et plus particulièrement camerounaises ainsi que les méthodes de transmission de ces valeurs. Il a tenu d’entrée à rappeler le fait que notre nation qui parait de prime abord particulièrement diversifié présente un socle culturel bien plus homogène que ca. Un des éléments caractéristiques de cette culture est la place qu’on réserve à la communauté en contraste avec l’individualisme prôné par le capitalisme occidental. Quant aux méthodes de transmission, il a relevé le rôle primaire du médium qui est la langue. Ceci d’autant plus que notre tradition est essentiellement orale. Il encourage les parents à retracer leur généalogie, instituer des rituels de motivation ou d’apaisement, ressasser des contes et histoires de nos ancêtres ainsi que faire écouter la musique traditionnelle à nos enfants. Il a rappelé une approche qui consiste à dessiner un cercle avec un point au milieu afin de faire comprendre davantage à nos enfants qu’ils sont au centre d’une communauté bien plus grande et plus forte qu’ils ne le perçoivent à première vue et qu’il leur revient de trouver leur place en son sein.
  3. Chantale Wagne de son côté a apporté une touche pragmatique adoubée sur son expérience personnelle. Elle qui a la plupart du temps seule élevé ses 2 jumeaux qui aujourd’hui sont en phase de finition de leurs études. Elle a fait remarquer déjà que le multiculturalisme est un atout dont il faut faire bon usage. Elle continue dans un style imagé en nous révélant qu’un enfant est comme une page sur laquelle on va coucher notre histoire. Une tâche incommensurablement importante qui demande un sens de responsabilité très élevé. Elle a présenté des astuces et des conseils très pratiques dont voici la quintessence:
    • éviter de faire de notre origine un problème,
    • prêcher par l’exemple,
    • consacrer du temps à nos enfants,
    • trouver une ligne de conduite et la maintenir fermement.
    Elle a mis une emphase sur le fait qu’il faille éviter de faire de notre origine un problème. D’autre part, la langue de communication devrait être celle dans laquelle on se sent le plus à l’aise.

    Au terme de l’échange qui a suivi, tous les panélistes et intervenants se sont accordés sur la maxime qui veut qu’éduquer les enfants c’est s’éduquer soi même. Que ce soit pour s’imprégner davantage de notre culture africaine dont l’essence nous échappe ou alors pour comprendre la culture de nos pays respectifs de résidence afin de mieux préparer nos enfants aux défis qui leur sont contemporains.

Moderation et Rédaction: Ghislain Mouil Sil

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